N/A — molécule synthétique (fabriquée à l’échelle mondiale)
Pyramide
Base/Fond
Chaleureuse douceur farineuse — comme repasser des draps en coton avec une touche de vanille. À peine perceptible de près, elle dure pourtant plus longtemps que presque toutes les matières de la palette du parfumeur, persistant sur le tissu pendant plus de 200 heures.
Presque inaudible à l’ouverture — une douceur farineuse subtile qui se perçoit plus comme une chaleur que comme un parfum. Plus doux et plus rond que le Galaxolide (qui a une touche métallique et savonneuse), plus chaud que l’Habanolide (qui tend vers le cireux et le boisé), et moins animalique que l’Exaltolide (qui reste plus proche du musc naturel). Les deux liaisons esters confèrent à l’éthylène brassylate une douceur lactonique — un soupçon de graine de vanille, de linge fraîchement repassé — que les cétones macrocycliques n’ont pas.
Sur la peau, il se lit comme un murmure propre et intime plutôt qu'une note affirmée. Après plusieurs heures, il développe une légère qualité de graine d’ambrette, sèche et textile, persistant bien après que les matières plus vives se soient évaporées.
Évolution dans le temps
Immédiatement
Immédiatement
Presque silencieux. Une chaleur farineuse à peine perceptible, comme l’odeur résiduelle d’un drap fraîchement repassé.
Après quelques heures
Après quelques heures
La douceur lactonique apparaît : légèrement vanillée, cireuse, textile. Une trace de graine d’ambrette. Le musc devient identifiable.
Après quelques jours
Après quelques jours
Sur tissu, il persiste comme une chaleur poudrée, sèche et propre — plus une texture qu’une note. Détectable au-delà de 200 heures sur mouillette.
L'Histoire
L’éthylène brassylate (CAS 105-95-3, IUPAC : 1,4-dioxacycloheptadécane-5,17-dione) est une dilactone macrocyclique à 17 membres avec un poids moléculaire de 270,37 g/mol. Il appartient à la famille des muscs macrocycliques — structurellement distinct des muscs nitro (aujourd’hui largement interdits), des muscs polycycliques comme le Galaxolide, et des cétones macrocycliques (muscone, civetone) que Leopold Ruzicka a synthétisées dans les années 1920. Ses deux liaisons ester dans l’anneau lui confèrent un caractère plus doux et plus poudré que les macrocycliques de type cétone. À température ambiante, c’est un liquide huileux incolore à jaune pâle (point de fusion −8 °C, point d’ébullition 138–142 °C à 1 mmHg, densité 1,042 g/mL à 25 °C).
Olfactivement sur papier buvard, il s’ouvre sur presque rien — un souffle de linge chaud, une pincée de farine. Il n’y a pas d’attaque franche, ni de projection notable. Il reste proche, comme la chaleur corporelle emprisonnée sous un col. Au fil des heures, la douceur s’approfondit : légèrement vanillée, légèrement cireuse, avec une chaleur textile qui se lit comme une peau propre plutôt qu’un parfum. Sa substantivité dépasse 200 heures sur buvard à concentration pleine, ce qui en fait l’un des matériaux les plus persistants disponibles pour les parfumeurs.
La molécule a été synthétisée pour la première fois en 1933–1934 chez DuPont aux États-Unis par cyclisation de l’acide brassylique (acide 1,13-tridécanedioïque) avec de l’éthylène glycol sous conditions de macrolactonisation. L’acide brassylique lui-même est obtenu industriellement par ozonolyse de l’acide érucique, un acide gras monoinsaturé C22 abondant dans l’huile de colza et de moutarde. DuPont l’a commercialisé sous les noms commerciaux Musk T et Astrotone. Son apparition en parfumerie fine fut quasi immédiate : vers 1934, André Fraysse incorpora l’éthylène brassylate dans la base d’Arpège (1927), renforçant la note poudrée et musquée du fond de cette fleur aldéhydée.
L’éthylène brassylate s’est rapidement répandu dans l’industrie car c’était un liquide (facile à peser et à mélanger), peu coûteux à produire à partir de matières premières renouvelables, et compatible avec pratiquement toutes les familles olfactives. Contrairement aux muscs polycycliques, il se biodégrade facilement et n’est pas classé comme substance PBT (persistante, bioaccumulable, toxique). L’IFRA n’impose aucune restriction quantitative — il est autorisé jusqu’à 100 % dans toutes les catégories de produits selon le 51e amendement (juillet 2023). Il bénéficie du statut FEMA GRAS (FEMA 3543) pour l’aromatisation alimentaire à des niveaux traces.
L’éthylène brassylate fut l’entrée de DuPont dans l’industrie du parfum. Quelques mois seulement après sa synthèse en 1934, le parfumeur André Fraysse l’a ajouté à la base d’Arpège (1927), faisant de ce floral aldéhydé le premier parfum de luxe à mettre en avant un musc macrocyclique dilactone — prouvant ainsi que les muscs synthétiques pouvaient rivaliser avec les bases de civétone et de muscone qui avaient défini la parfumerie de luxe jusqu’alors.
Extraction & Chimie
Méthode d'extraction : Entièrement synthétique. Produit par macrolactonisation : l’acide brassylique (acide 1,13-tridécanedioïque, CAS 505-52-2) est cyclisé avec de l’éthylène glycol sous catalyse acide et en conditions de haute dilution pour former le dilactone à 17 membres. L’acide brassylique est obtenu industriellement par ozonolyse de l’acide érucique (CAS 112-86-7), un acide gras monoinsaturé C22 issu de l’huile de colza ou de moutarde. L’ozonolyse clive la double liaison C13=C14, produisant l’acide brassylique (C13) et l’acide pélargonique (C9, un sous-produit utilisé dans les plastifiants et herbicides). La pureté finale du produit est généralement >95 % selon chromatographie en phase gazeuse (GC).
Formule Moléculaire
C₁₅H₂₆O₄
Numéro CAS
105-95-3
Nom Botanique
N/A (molécule synthétique)
Statut IFRA
Aucune restriction. Autorisé jusqu'à 100 % dans toutes les catégories de produits IFRA selon le 51e amendement (juillet 2023). Non répertorié parmi les 26 allergènes de parfum de l'UE nécessitant une déclaration sur l'étiquette. Statut FEMA GRAS (FEMA 3543) pour une utilisation alimentaire à des niveaux traces. Biodégradable facilement ; non classé comme PBT.
Synonymes
EB MUSK · MUSK T · DODECANEDIOATE D'ÉTHYLÈNE · BRASSYLATE
Propriétés Physiques
Puissance Olfactive
Moyen
Tenue (Substantivité)
208 heures
Apparence
liquide huileux clair incolore à jaune pâle
Point d'Ébullition
138,00 à 142,00 °C. @ 1,00 mm Hg
Point Éclair
> 212,00 °F. TCC ( > 100,00 °C. )
Densité
1,04000 à 1,04700 @ 25,00 °C.
Indice de Réfraction
1,46800 à 1,47400 @ 20,00 °C.
En Parfumerie
L’éthylène brassylate est avant tout un fixateur. Sa masse moléculaire (270,37) et sa pression de vapeur extrêmement faible le maintiennent ancré à la peau et aux tissus, ralentissant l’évaporation des matériaux plus légers superposés. En pratique, il prolonge la tenue de presque toute composition sans imposer son propre caractère — c’est un ingrédient structurel, pas une note signature. Il est indispensable dans les accords musc blanc, souvent mélangé avec le Galaxolide (pour une projection savonneuse), l’Habanolide (pour une poudre boisée) et l’Helvetolide (pour une transparence propre de peau de poire). Dans les compositions florales, il agit comme une doublure veloutée sous le jasmin, la rose et la tubéreuse, adoucissant leurs contours sans les ternir. Dans les accords ambrés et gourmands, il renforce la vanille et la fève tonka sans ajouter de douceur perceptible. Parce qu’il se biodégrade facilement et ne fait l’objet d’aucune restriction IFRA, il a de plus en plus remplacé les muscs polycycliques dans les formules destinées à la certification écologique. Son coût — faible, grâce à l’ozonolyse industrielle de l’acide érucique dérivé du colza — en fait un musc courant aussi bien en parfumerie fine que fonctionnelle.