Présent dans le Juniperus virginiana (cèdre de Virginie), le Cupressus funebris (cèdre chinois)
Apparence
Solide cristallin blanc à jaune pâle
Puissance
Moyen
Pays producteurs
États-Unis (Virginie), Chine, Maroc
Pyramide
Base
Cristaux blancs presque inodores qui sentent, légèrement, l’intérieur d’un coffre à espoir en cèdre — sec, légèrement camphré, plus ressenti qu’odoré. L’alcool sesquiterpénique principal (C₁₅H₂₆O) de l’huile de cèdre, et la molécule qui confère au cèdre sa base fixatrice.
À peine perceptible au premier effluve — un murmure doux et sec de bois de cèdre avec une légère touche camphrée. Plus chaud et plus doux que les hydrocarbures cédrènes plus tranchants, sans aucune des piqûres de copeaux de cèdre brut. Plus proche de l’odeur d’un vieux tiroir en bois que du bois fraîchement coupé. La note de camphre n’est pas médicinale mais structurelle, comme le fantôme du menthol traduit en bois. Sur la peau, elle se lit comme une chaleur propre et neutre — moins affirmée que le bois de santal, moins fumée que le bois de gaïac, moins sucrée que l’huile de cèdre de Virginie elle-même.
Évolution dans le temps
Immédiatement
Immédiatement
Murmure camphré-boisé léger, presque subliminal. Moelle de cèdre sèche. Plus tactile qu’olfactif — une sensation de grain du bois plutôt qu’une odeur de bois.
Après quelques heures
Après quelques heures
La pointe camphrée s’estompe. Il reste une boisé neutre et chaleureux : doux, mat, et très persistant. Propre sans être savonneux.
Après quelques jours
Après quelques jours
Une note de fond bois sec à peine perceptible, encore présente sur tissu et mouillettes bien au-delà de 48 heures. La fonction fixatrice dépasse la senteur perceptible.
L'Histoire
Le cédrol pur est presque inodore. C’est le paradoxe : la molécule la plus responsable de la ténacité de l’huile de bois de cèdre est à peine perceptible sur une bandelette isolée. Ce qu’elle apporte, ce n’est pas du caractère mais de la durée — un murmure boisé sec, légèrement camphré, qui persiste pendant des jours. TGSC documente 400 heures de substantivité à 20 % dans du dipropylène glycol. Rien d’autre dans la fraction de cèdre ne s’en approche.
Le cédrol constitue 16 à 25 % de l’huile de bois de cèdre de Virginie (Juniperus virginiana) selon les normes ISO, aux côtés de l’α-cédrène (20–35 %) et du thujopsène (10–25 %). L’huile de bois de cèdre chinoise (Cupressus funebris) est plus riche, dépassant parfois 30 %. La molécule cristallise hors de l’huile brute à température ambiante — des plaques blanches et cireuses avec un point de fusion autour de 86 °C (les valeurs littéraires varient de 55 à 86 °C selon le polymorphe et la pureté). Ce comportement de cristallisation est exploité industriellement : le refroidissement de l’huile brute de bois de cèdre précipite le cédrol, qui est ensuite filtré, lavé et recristallisé à plus de 98 % de pureté.
Dans la palette du parfumeur, le cédrol fonctionne comme fixateur et amplificateur de volume plutôt que comme note principale. Il prolonge la phase boisée d’une composition sans ajouter de couleur ni de douceur. C’est aussi la matière première de deux dérivés importants : l’acétate de cédryl (CAS 77-54-3), obtenu par acétylation avec de l’anhydride acétique, qui ajoute une qualité boisée-ambrée plus douce et plus diffuse ; et le Cedramber (méthyl éther de cédrol, CAS 19870-74-7), produit par méthylation, qui pousse la molécule vers un territoire d’ambre sec.
Au-delà de la parfumerie, le cédrol possède une activité pharmacologique documentée. Des études d’inhalation dans trois pays ont montré qu’il diminue la fréquence cardiaque, la pression artérielle systolique et diastolique, ainsi que la fréquence respiratoire chez l’humain — orientant le système nerveux autonome vers une dominance parasympathique. Chez le rat, il prolonge le sommeil induit par le pentobarbital. Le mécanisme semble contourner complètement les voies olfactives, agissant par absorption dans les voies respiratoires inférieures.
L’inhalation de vapeur de cédrol réduit la fréquence cardiaque, la pression artérielle et la fréquence respiratoire chez l’humain — un effet documenté chez des sujets d’étude au Japon, à Taïwan et en Thaïlande. Le mécanisme sédatif contourne entièrement le système olfactif : des études sur des patients laryngectomisés (qui ne peuvent pas sentir) ont montré le même changement autonome lorsque le cédrol atteignait directement les poumons, suggérant une absorption par le tissu alvéolaire plutôt qu’une perception olfactive.
Extraction & Chimie
Méthode d'extraction : Le cédrol est isolé à partir d’huile brute de bois de cèdre (Juniperus virginiana ou Cupressus funebris) par cristallisation fractionnée. L’huile brute est refroidie ; le cédrol, ayant un point de fusion plus élevé que les hydrocarbures terpènes liquides, précipite sous forme de plaques cristallines blanches. Les cristaux sont filtrés, lavés avec un solvant froid, puis recristallisés pour atteindre une pureté supérieure à 98 % (rendement documenté : ~79 % de récupération à 98 % de pureté à partir de la fraction riche en cédrol). L’extraction par solvant du bois brut produit une huile avec une proportion de cédrol plus élevée (~40 %) comparée à la distillation à la vapeur conventionnelle (~28–30 %), ce qui en fait la méthode en amont préférée lorsque l’isolation du cédrol est l’objectif. L’extraction au CO2 supercritique à basse température (25 °C, 1500 psi) maximise le rapport cédrol/cedrène dans l’huile obtenue.
Formule Moléculaire
C15H26O
Numéro CAS
77-53-2
Nom Botanique
Présent dans le Juniperus virginiana (cèdre de Virginie), le Cupressus funebris (cèdre chinois)
Statut IFRA
Aucune restriction connue
Synonymes
Cedrol, (+)-Cedrol, alcool de bois de cèdre, Cedran-8-ol
Propriétés Physiques
Puissance Olfactive
Moyen
Apparence
Solide cristallin blanc à jaune pâle
Point d'Ébullition
285,00 à 287,00 °C. @ 760,00 mm Hg
Point Éclair
178,00 °F. TCC (81,11 °C)
Point de Fusion
77,00 à 86,00 °C. @ 760,00 mm Hg
En Parfumerie
Le cédrol est un fixateur et un amplificateur de volume pour les notes de fond, pas une note de caractère. Sa quasi-absence d'odeur est essentielle : il ancre les accords boisés sans imposer sa propre identité, prolongeant la durée de vie des composants plus volatils comme le cèdre, le vétiver et le patchouli qui le surmontent. C’est une nécessité structurelle dans les bases chyprées et fougères, où il fournit le socle boisé sous la bergamote, la mousse de chêne et la coumarine. Dans les compositions ambréeses, il stabilise le cœur balsamique-résineux. Dans les muscs boisés transparents, il apporte du corps sans lourdeur. Le cédrol est le précurseur chimique de l’acétate de cédryl (CAS 77-54-3), qui offre un effet boisé-ambre plus doux et diffus, et du Cedramber (méthyl éther de cédrol, CAS 19870-74-7), qui oriente le profil vers un ambre gris sec. Ces deux dérivés sont des piliers de la parfumerie fonctionnelle et de luxe.