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Boswellia spp. (B. sacra, B. carterii, B. serrata)
Puissance
Moyen
Pays producteurs
Somalie, Éthiopie, Oman, Yémen
Pyramide
Base
Fumée bleue fine s’échappant d’une larme de résine sur un disque de charbon. Sec, citronné-terpénique en tête, puis chaud, balsamique, presque sucré — l’odeur d’une nef de pierre après les vêpres.
La première impression est terpénique et étonnamment lumineuse — zeste de citron, aiguilles de pin, une touche de poivre vert. En quelques minutes, le cœur résineux prend le dessus : chaud, doux, légèrement poudré, comme de l'ambre chauffé sans la note vanillée. La fumée n’est jamais agressive ; elle est fine, bleu-gris, ecclésiastique. Comparé à la myrrhe (plus sombre, plus animale) ou au benjoin (plus sucré, plus balsamique), l’oliban se situe dans un registre plus sec, plus minéral. Le sillage est long, papier, légèrement poussiéreux — vieux livre de prières laissé dans une pièce chaude.
Évolution dans le temps
Immédiatement
Immédiatement
Éclat terpénique lumineux — alpha-pinène, limonène, note verte et poivrée. Propre, presque acidulé comme un agrume.
Après quelques heures
Après quelques heures
Un corps résineux chaud émerge. Douceur d’incensole, fumée poudrée, profondeur balsamique des couches de benjoin et de labdanum.
Après quelques jours
Après quelques jours
Sec, papier, légèrement minéral. Chaleur résiduelle d’un résinoïde riche en triterpènes. L’odeur de la pierre froide qui fut autrefois chaude.
L'Histoire
Incienso est le mot espagnol pour encens, mais en parfumerie il désigne un accord spécifique : l'odeur de résine liturgique brûlant sur du charbon. Le point de référence est l'oliban (Boswellia sacra, B. carterii), bien que la myrrhe, le benjoin et le styrax y participent souvent. L'ouverture est plus vive que ce que la plupart des gens attendent — l'alpha-pinène et le limonène apportent une fraîcheur presque citronnée avant l'arrivée de la fumée. Le corps résineux se développe autour de l'incensole et de l'acétate d'incensole, deux diterpènes uniques aux espèces de Boswellia.
La qualité fumée dans un accord d'encens provient de molécules phénoliques : guaiacol, dérivés de crésol, et parfois goudron de bouleau rectifié. Le fond chaud et balsamique repose sur des résinoïdes naturels ou leurs équivalents synthétiques — absolu de labdanum, benjoin de Siam, résinoïde d'oliban. Iso E Super et Cashmeran sont fréquemment utilisés comme amplificateurs, ajoutant volume et éclat à l'accord sans en altérer le caractère.
La résine de Boswellia sacra produit 3 à 8 % d'huile essentielle par distillation à la vapeur. L'huile est dominée par des monoterpènes (alpha-pinène 25–70 %, alpha-thujène, limonène). L'extraction au CO2 capture un profil plus complet, retenant des acides boswelliques plus lourds perdus lors de la distillation. Le résinoïde, obtenu par extraction au solvant, donne environ 60 % et offre la qualité la plus profonde, la plus ecclésiastique — le véritable fixateur dans une formule d'encens.
En 2008, des chercheurs de l'Université Johns Hopkins et de l'Université hébraïque de Jérusalem ont identifié l'acétate d'incensole — un diterpène présent uniquement dans la résine de Boswellia — comme un activateur puissant des canaux ioniques TRPV3 dans le cerveau, produisant des effets anxiolytiques et antidépresseurs chez la souris. L'étude, publiée dans The FASEB Journal, suggérait que les propriétés psychoactives de la combustion de l'encens pourraient avoir une base neurochimique empirique, et non simplement rituelle.
Extraction & Chimie
Méthode d'extraction : Pas un matériau unique mais un accord composite. L’ingrédient principal, l’oliban, existe sous trois formes : huile essentielle (distillation à la vapeur de la résine de Boswellia sacra, rendement de 3 à 8 %, riche en alpha-pinène) ; résinoïde (extraction par solvant avec benzène ou hexane, rendement d’environ 60 %, riche en triterpènes et acides boswelliques) ; extrait CO2 (extraction supercritique, conserve à la fois les terpènes volatils et les acides boswelliques non volatils perdus lors de la distillation à la vapeur). Les matériaux d’appui — myrrhe, benjoin, styrax — sont généralement utilisés sous forme de résinoïdes ou absolus.
Boswellia spp. (B. sacra, B. carterii, B. serrata)
Statut IFRA
Aucune restriction connue
Synonymes
ENCENS · OLIBANUM
Propriétés Physiques
Puissance Olfactive
Moyen
Point Éclair
> 100°C
Densité
0,8700 à 0,9100 @ 20,00°C
Indice de Réfraction
1,4800 à 1,4900 @ 20,00°C
En Parfumerie
L'encens fonctionne comme un pont du cœur à la base dans les compositions ambrées, chyprées et atmosphériques. L'huile d'oliban apporte luminosité et diffusion en tête ; le résinoïde et l'extrait CO2 ancrent la base en tant que véritables fixateurs — pour obtenir une fixation physique avec le résinoïde d'oliban seul, des concentrations de 4 à 6 % sont nécessaires. L'accord est construit à partir de résines naturelles (oliban, myrrhe, benjoin) renforcées par des synthétiques fumés (guaiacol, goudron de bouleau rectifié) et des amplificateurs boisés (Iso E Super, Cashmeran). Sa fonction est architecturale : il crée la sensation d'un espace clos, d'un air chaud montant à travers la pierre. Indispensable dans le croisement fougère-ambré et dans les compositions atmosphériques modernes qui privilégient le lieu à la personne.