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Confidentialité
Fumé et sucré, avec une ouverture animale qui s’adoucit en un bois sirupeux et des fruits secs. L’oud laotien apparaît plus chaud et plus résineux que le cambodgien, moins rustique que l’indien — un bois sombre et miellé, teinté de cuir et d’encens ancien.
S'ouvre sur des notes piquantes et animales — cuir de ferme, fruits fermentés — puis évolue vers une boisé fumé et doux, rehaussé d'abricot sec et de miel brut. Moins médicinal que l'oud cambodgien, moins fécal que l'oud indien. Le développement médian offre une qualité crémeuse, presque balsamique, qui rappelle le bois de santal vieilli, mais plus sombre et plus résineux.
Sur la peau, la tenue finale est chaude, musquée et discrètement persistante — un murmure d'encens et de bois vieilli qui perdure pendant des jours.
Évolution dans le temps
Immédiatement
Immédiatement
Cuir piquant, animal et fruits fermentés sur bois fumé
Après quelques heures
Après quelques heures
Douceur sirupeuse de fruits secs, chaleur balsamique résineuse, note de fond crémeuse rappelant le bois de santal
Après quelques jours
Après quelques jours
Murmure musqué-boisé bas, encens vieilli, persistant et discrètement tenace
Terroir & Origines
Prix indicatifs 2025, cours professionnels.
L'Histoire
Distillé à partir du bois de cœur infecté d’Aquilaria crassna Pierre ex Lecomte — un arbre originaire du Laos, du Cambodge, du Vietnam et de la Thaïlande — l’huile d’oud laotien se situe entre l’animalité brute de l’oud indien (A. malaccensis) et l’humidité terreuse verte de l’oud indonésien (A. beccariana, A. microcarpa). Le profil laotien s’ouvre sur des notes piquantes et cuirées, puis évolue vers une douceur boisée sirupeuse avec des accents de fruits secs et une légère touche florale. Pas propre dans un sens clinique, mais moins agressif que l’oud hindi.
Chimiquement, l’huile est dominée par des sesquiterpènes — agarospirol (CAS 1460-73-7, C₁₅H₂₆O), jinkoh-éremol, hinesol, eudésmols — ainsi que par des dérivés de 2-(2-phényléthyl)chromone, désormais reconnus comme les principaux marqueurs distinguant le véritable bois d’agar du faux. Des recherches sur des spécimens d’A. crassna du Laos ont révélé de nouvelles structures chromoniques dimériques absentes dans d’autres origines.
Toutes les espèces d’Aquilaria sont inscrites à l’Annexe II de la CITES (depuis 2004), nécessitant des permis d’exportation et une documentation de la chaîne de garde. Les populations sauvages d’A. crassna au Laos sont gravement épuisées. La culture en plantation existe mais reste limitée comparée aux opérations indonésiennes. Les rendements sont extrêmement faibles : la distillation industrielle à la vapeur dure 48 à 72 heures et produit environ 0,02 à 0,4 % d’huile en poids, selon la qualité du bois et la teneur en résine.
Aquilaria crassna a été décrite pour la première fois par Jean Baptiste Louis Pierre et publiée à titre posthume par Paul Henri Lecomte en 1915 (Bulletin de la Société Botanique de France 61:411). Pierre avait initialement esquissé l'espèce dans sa Flore Forestière de Cochinchine (planche 285, 1899), mais cette publication n'était pas considérée comme valide sur le plan taxonomique.
Extraction & Chimie
Méthode d'extraction : Hydrodistillation du bois de cœur d’Aquilaria crassna infecté par un champignon, généralement sur 48 à 72 heures à pression atmosphérique. La distillation prolongée est nécessaire pour extraire les sesquiterpénoïdes lourds dont les points d’ébullition dépassent 300 °C. La distillation à la vapeur sous pression (120–150 °C) peut réduire le processus à 20–40 heures mais peut modifier le profil aromatique. L’extraction supercritique au CO2 est utilisée pour les applications haut de gamme où un spectre plus large de dérivés chromones est souhaité. Le rendement en huile varie de 0,02 % à 0,4 % selon la qualité du bois et la densité de la résine — environ 250 à 5 000 kg de bois infecté par kilogramme d’huile. CAS pour l’huile d’A. crassna : 958663-49-5.
Note de fond et fixatif. L'oud laotien ancre les compositions où la présence d'oud est souhaitée sans l'agressivité des huiles hindies — associations rose-oud, ambres boisés et épurés, accords dominés par l'encens. Sa douceur résineuse fait un pont harmonieux vers les bases d'ambre, de bois de santal et de safran. En termes fonctionnels, la structure sesquiterpénique offre une ténacité remarquable (l'huile peut persister sur un papier buvard pendant des jours), tandis que la fraction chromone ajoute une complexité aromatique que les synthétiques purs ne peuvent reproduire. Les principales alternatives synthétiques utilisées pour approcher ou prolonger l'oud dans les formules incluent Iso E Super (halo boisé-ambre), Cashmeran (chaleureux musqué-boisé) et Georgywood (qualité cèdre sec-oud). La plupart des parfums commerciaux dits « oud » utilisent ces molécules en combinaison plutôt que de l'huile distillée authentique, en raison du coût et de la variabilité des lots.